Jeudi 8 janvier 2009

Ces Intérieurs qui rendent malade

interieur-maladeMal aérées, trop humides, polluées par les produits chimiques… Nos maisons sont parfois des nids d’allergies
Les Français aiment passer du temps chez eux. À la fois lieu de détente et d’isolement, mais aussi espace privilégié pour se retrouver en famille ou entre amis, la maison se pose comme refuge contre les agressions extérieures.
Et pourtant. Elle peut aussi cacher des désagréments, particulièrement pour les sujets allergiques, qui sont en augmentation dans tous les pays européens. La France n’est pas épargnée, avec 3,5 millions d’asthmatiques, dont un tiers a moins de 15 ans. Un chiffre qui a doublé en vingt ans. Les études et les recherches menées pour tenter d’expliquer cette hausse ont toujours pris en compte l’environnement extérieur, la pollution atmosphérique et le climat.
Elles ont en revanche longtemps ignoré l’environnement intérieur dans lequel nous passons pourtant 90 % de notre temps, que ce soit à la maison ou au travail. Ce qui est longtemps resté l’apanage de quelques spécialistes est devenu, depuis trois ou quatre ans, une réalité pour tous : notre petit nid douillet peut être source de maladies respiratoires, dermatologiques, neurologiques…
Il est désormais acquis que l’allergie chez certains malades peut provenir d’allergènes issus de l’environnement intérieur, de moisissures, d’acariens, de poils d’animaux. En 2004, l’étude paneuropéenne Lares (Large Analysis and Review of European Housing and Health Status) de l’Organisation mondiale de la santé confirmait que de nombreuses caractéristiques de l’habitat (bruit, humidité, inconfort thermique, manque d’espace et de lumière) pouvaient augmenter les tendances dépressives. L’étude a aussi établi un lien entre l’humidité (développement des moisissures) et la fréquence des crises d’asthme, des rhinites, des pharyngites et de l’eczéma.
On sait en effet qu’il existe trois grandes sources de pollution intérieure : les constituants du bâtiment, des équipements et du mobilier (le plomb dans les peintures, le formaldéhyde, les composés organiques volatils), l’activité humaine (le tabagisme, les produits ménagers, les moisissures, les plantes, les animaux domestiques…) et les appareils à combustion qui libèrent monoxyde de carbone et dioxyde d’azote. Le formaldéhyde fait partie de ces produits particulièrement nocifs (irritation des yeux, des voies aériennes supérieures et des bronches). On le détecte dans les colles et les résines utilisées pour agglomérer les débris ou les couches fines de bois, mais aussi dans les colles employées pour la fabrication des cloisons, des plafonds, planchers, panneaux acoustiques, meubles…
Quant aux composés organiques volatils (COV), ces substances chimiques qui se volatilisent à température ambiante, elles se trouvent essentiellement dans les produits de finition : revêtements de sols et de murs, peintures et ameublement.
La seule présence humaine dans un espace est source de bio-effluents, de vapeur d’eau et de gaz carbonique (CO2). Un renouvellement d’air insuffisant augmente l’humidité (qui peut potentialiser les effets polluants). D’où la nécessité d’aérer et non pas de commettre l’erreur fort répandue de vouloir à tout prix calfeutrer (portes, fenêtres hermétiques).
L’installation d’équipements de ventilation performants et leur entretien régulier sont aussi primordiaux. Le développement de moisissures, de champignons, levures et bactéries est en effet fréquent dans les systèmes mal ou peu entretenus. Pour empêcher leur prolifération, il est donc indispensable d’enlever et de décoller la poussière qui s’agglutine sur les parois des conduits, des gaines et des machines aérauliques.
Lorsqu’il y a un doute sur la qualité de l’air d’un local ou d’une habitation (allergies, rhinite, gêne respiratoire, rhumes à répétition, maux de tête, mauvaises odeurs, traces d’humidité…), il est recommandé de faire appel à un technicien qui, après avoir établi un diagnostic de l’hygiène de l’air intérieur, prévient s’il y a danger ou non pour les personnes.
Cet article, extrait du MONDE du 17 octobre 2008, montre encore une fois l’importance , pour son bien-être quotidien de soigner son air intérieur, chez soi, dans la voiture ou au travail. Certains pensent encore qu’utiliser un purificateur d’air chez soi est inutile, fait surprenant quand on sait que l’air est notre carburant premier, bien avant l’eau. Pourtant, ces mêmes personnes prêtent souvent une oreille attentive lorsqu’il s’agit de la pollution de l’eau du robinet… Il est vrai qu’une eau souillée, ça se voit. Un air pollué… beaucoup moins.
À bon entendeur.

Bookmark and Share
0 votes, average: 0.00 out of 50 votes, average: 0.00 out of 50 votes, average: 0.00 out of 50 votes, average: 0.00 out of 50 votes, average: 0.00 out of 5 (0 votes, moyenne du billet: 0.00 sur 5 )
Loading ... Loading ...